Avec la farine de son frère, il lance des pâtes artisanales dans le Perche : voici pourquoi

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Dans le Perche, une idée simple peut parfois tout changer. Louis-Marie Carbonell l’a compris en lançant ses pâtes artisanales avec la farine produite par son frère. Une histoire de famille, de terroir et de bon sens. Et derrière cette reconversion, il y a bien plus qu’un simple projet commercial.

Une reconversion née d’un virage inattendu

Louis-Marie Carbonell n’a pas choisi la facilité. Fils et petit-fils d’agriculteurs, il pensait logiquement reprendre une ferme. Il a même étudié l’agriculture au Mans. Mais trop jeune pour s’installer selon ses parents, il a pris un autre chemin pendant 13 ans dans une coopérative agricole.

Le retour dans l’Orne a relancé ses envies. Il a bien failli reprendre une exploitation près de Sainte-Gauburge. Huit mois de réflexion, de travail, d’espoir. Puis le projet s’est arrêté net.

Quand un plan tombe à l’eau, beaucoup repartent de zéro sans idée claire. Lui a préféré transformer ce vide en opportunité. Et c’est là que la suite devient intéressante.

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La farine du frère, le déclic du projet

En 2024, il rencontre Pierre Jeanjean, créateur de la marque Patte Jeanjean, alors installé près d’Alençon. Louis-Marie Carbonell avait déjà une idée en tête. Il voulait valoriser la farine produite par son frère Marc, à Beaulieu. Il cherchait aussi un produit qui se conserve bien. Les pâtes répondaient parfaitement à ce besoin.

Le lien est évident. Une farine locale, un savoir-faire agricole, un produit du quotidien. Et surtout, une vraie logique de circuit court. Dans un monde où tout va vite, ce genre de choix rassure. Il donne du sens au geste d’achat.

Quand Pierre Jeanjean annonce l’arrêt de son activité, Louis-Marie Carbonell passe à l’action. Il assiste à la vente aux enchères du matériel et rachète l’ensemble. Un pari audacieux, mais réfléchi.

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Des pâtes artisanales fabriquées avec patience

Le matériel qu’il a récupéré n’a rien d’anodin. Il dispose désormais d’une presse de 200 kg par heure, de deux séchoirs de 150 kg chacun et de plusieurs petits équipements. Le tout est installé dans un bâtiment construit exprès, près de sa maison, à Lignerolles, commune déléguée de Tourouvre-au-Perche.

Sa première production est déjà sortie. Il a réalisé deux séries de 150 kg avec différentes farines. L’objectif était simple : tester, comparer, ajuster. C’est souvent comme cela que naissent les bons produits. Pas dans la précipitation, mais dans l’observation.

Il utilise aussi des moules en bronze. Ces outils donnent aux pâtes une texture plus rugueuse. Résultat : les sauces accrochent mieux. C’est un détail, mais un détail qui change tout à table.

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Pourquoi ce choix plaît autant aujourd’hui

Son projet coche plusieurs cases qui parlent aux consommateurs d’aujourd’hui. Il est local. Il est familial. Il repose sur une matière première suivie de près. Et il mise sur la qualité plutôt que sur la quantité.

La farine est moulue sur des meules de pierre à la ferme de Beaulieu. Le séchage, lui, est lent. Là encore, rien n’est laissé au hasard. Ce type de fabrication demande du temps, mais il améliore souvent le goût et la tenue des pâtes.

Cette démarche séduit parce qu’elle raconte une histoire vraie. Pas un effet de mode. Une continuité entre la terre, le moulin et l’assiette. Et cela, le public le sent vite.

Une gamme pensée pour surprendre sans compliquer

Louis-Marie Carbonell ne veut pas faire seulement des pâtes « classiques ». Il cherche de l’originalité, mais avec un produit simple. C’est souvent là que se trouvent les meilleures idées. Celles qui restent proches des habitudes tout en ajoutant une petite surprise.

Il prépare déjà une gamme de dix produits. Quatre saveurs sont annoncées : tomate-basilic, ail-persil, curry et gingembre. Il travaille aussi avec plusieurs types de blé, dont le blé tendre, le blé dur et le petit épeautre.

Ce mélange ouvre la porte à différentes textures et à plusieurs usages en cuisine. Des pâtes plus rustiques, plus fines, plus parfumées. De quoi donner envie de tester, puis de revenir.

Ce que cette initiative dit du Perche

Au fond, cette aventure dépasse le simple lancement d’un atelier. Elle parle d’un territoire qui cherche à se valoriser autrement. Ici, la farine vient d’une ferme locale. Les pâtes naissent sur place. Le nom choisi, Les Saveurs du Perche, va dans le même sens.

Ce type de projet montre qu’un territoire rural peut créer de la valeur sans renier ses racines. Il ne s’agit pas seulement de produire. Il s’agit de raconter, de relier, de transmettre. Et cela compte énormément aujourd’hui.

Dans cette histoire, il y a une chose forte. Un homme qui aurait pu suivre une voie toute tracée a préféré bâtir quelque chose à sa mesure. Avec son frère. Avec sa région. Avec du goût, tout simplement.

Ce que vous pouvez retenir de cette histoire

Cette reconversion repose sur quelques idées très simples. Elles valent presque pour n’importe quel projet local.

  • Partir d’une ressource déjà présente, ici la farine du frère.
  • Choisir un produit qui se conserve bien, pour limiter les pertes.
  • Privilégier la qualité avec des outils adaptés comme les moules en bronze.
  • Construire une identité claire avec un nom lié au territoire.
  • Avancer par tests avant de lancer une gamme complète.

Et c’est peut-être cela, la vraie force de ce projet. Il ne cherche pas à impressionner. Il cherche à être juste. Dans un marché où beaucoup promettent trop, cette sobriété peut faire la différence.

Elodie Joret
Elodie Joret

Je vis a Rouen et j'ecris sur l'habitat et la cuisine du quotidien depuis 9 ans. Ancienne redactrice pour un magazine regional maison-deco, je traite surtout l'entretien malin, les travaux utiles et les adresses gourmandes qui valent le detour.

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